Ecrire un livre collaboratif impose d'écrire avec son âme.

Peut-on écrire avec son âme dans un livre collaboratif ?

Difficile parallèle à établir entre le côté impersonnel des outils collaboratifs que sont les logiciels hébergés sur un serveur ou dans le cloud et votre âme. Pourtant, il s’agit d’une question qui demeure à la base de l’inspiration pour un auteur qui participe à un livre collaboratif ou qui se lance dans la mission ambitieuse d’écrire un livre. Il n’y a réellement aucune difficulté à cela et force est de constater que chacun n’est pas égal face à la page blanche.

Écrire relève de l’acquis ou de l’inné ?

Quelqu’un m’a dit hier que j’étais en quelque sort e un « étalon » en écriture et qu’il serait incapable d’écrire 10 000 mots par jour comme je le fais. Fondamentalement, les lois de la biologie montrent que nous sommes de la même espèce et les quelques années de plus qu’il a par rapport à mon âge sont également des forces en termes d’entraînement cérébral. En d’autres termes, s’il a 5 ans de plus que moi, cela veut dire 5 années d’expérience à pratiquer des techniques commerciales, métiers ou que sais-je encore. Ce sont des années pendant lesquelles son cerveau a bénéficié d’un entrainement supplémentaire par rapport au mien et qui a donc généré des connexions et une programmation allant plus loin que pour le mien.

Or, en son âme et conscience, il considère qu’il n’a pas la capacité à réaliser ce travail. Si ce n’est pas sur le plan biologique, comme nous l’avons vu ci-dessus, alors il doit s’agir d’une autre différence qui ne relève pas de l’inné mais d’une dimension extérieure relevant de l’acquis : une expérience différente ou une pratique différente.

De mon point de vue, j’écris naturellement car je me confie à mon lecteur. En réalité, je m’implique dans le choix des mots et la formulation la plus juste que j’espère en phase avec ce que je ressens (ou ce que doit ressentir le lecteur quand il s’agit d’un écrit à caractère commercial pour un client). Cependant, les artisans, tels qu’un maçon, s’investissent aussi dans leurs missions. C’est d’ailleurs ce qui différencie celui qui est bon et sympa de celui qui est meilleur. Votre maçon va vous orienter vers une construction qui répond parfaitement à vos attentes, que ce soit pour édifier un mur de clôture ou réaliser une extension de garage. La passion est cette dimension supplémentaire, selon moi, qui permet la création d’une « alchimie » qui opère entre ce maçon et son client.

Alors, acquis ou inné ?

Revenons-en alors à la question et décidons s’il s’agit de l’acquis ou de l’inné. Dans le premier cas, il y a eu apprentissage et perfectionnement. Peut-être que ce processus d’acquisition des qualités professionnelles a duré 2 ans, 5 ans ou une décennie. Dans le second cas, on pourrait se poser des questions avec une idée qui serait de reconnaitre à la naissance, que ce monsieur ou cette dame puisque rien n’empêche la féminisation de ce métier aussi, que cette personne a des prédispositions à devenir maçon. S’il les révèle à l’âge de 15 ou 21 ans, cela veut dire que l’on doit pouvoir les détecter plus tôt. Relevant de l’inné, alors cette qualité est présente dès la naissance. Pour ma part, il n’en est rien et c’est de l’acquis car tout le monde peut le faire.

La considération des mots dans le domaine professionnel

Comme vous l’avez compris, j’écris plus de 10 000 mots par jour et pour un salaire qui peut sembler confortable pour une grande partie de la population active. Cependant, ce n’est pas tout à fait vrai. Pourquoi ?

Une entreprise qui souhaiterait utiliser le processus du livre collaboratif pour rédiger un rapport annuel va attacher une grande importance à la représentativité de chaque information par rapport à la réalité, son positionnement en termes d’image, et par rapport également à ses investisseurs. Il ne s’agirait pas d’appuyer des sujets qui feraient naitre des craintes chez des investisseurs institutionnels, privés ou particuliers. Dans le même temps, c’est un exercice technique qui fait appel à un registre convenu d’avance. Le ton ne varie pas d’une année sur l’autre, pas plus que les ratios de comparaisons financières ou encore le vocabulaire.

Ceci étant, les petites entreprises ne sont pas logées à la même enseigne. En effet, elles ne sont pas astreintes à cet exercice institutionnel comme les entreprises du CAC40, pour ne parler que d’elles. En revanche, elles doivent travailler chaque jour et s’assurer du chiffre d’affaires par tous les moyens à leur disposition. Est-ce qu’un livre collaboratif pour TPE ou PME aurait du sens pour notre maçon ? Certainement que non, sauf à l’utiliser comme catalogue ou portfolio des réalisations.

Elles doivent utiliser les bons mots pour décrire des prestations (ou des produits). Cet exercice est réalisé dans un milieu concurrentiel, le marché, dans lequel chacun dit être meilleur que l’autre. Les techniques pour se faire référencer par Google est d’utiliser des mots-clés avec une occurrence assez élevée pour apparaitre dans les premières positions des résultats lorsque vous faites cette recherche sur ce mot. Si votre maçon voulait être référencé pour battre ses concurrents « à plate couture », il devrait certainement s’exprimer en ces termes : « Je vous accueille sur mon site internet maçon 92000 car il est important que vous connaissiez mes tarifs de maçonnerie à Nanterre qui vous permettent d’accéder plus facilement à des travaux de maçons pas chers dans les Hauts-de-Seine ». Autant vous dire que si vous arrivez sur un site comme celui-ci, quittez-le sur le champ !

Que faut-il en penser ?

Dans le même temps, il recherche la visibilité pour travailler et vous faire savoir qu’il est compétent. Mais ne vaut-il mieux pas s’exprimer directement à son client plutôt qu’à des moteurs de recherche. Si le professionnel s’exprime de façon plus sincère, il ne sera pas en première place des résultats mais il aura une conviction plus grande qui parlera mieux à une personne qui recherche son profil.

L’envers du décor n’est pas réjouissant. J’ai pu lire de nombreux sites sur le tarif des rédacteurs. J’ai reçu des conseils en la matière pour bien comprendre les prix du marché. Force est de reconnaitre que les clients qui mettent les moyens dans l’écriture sont ceux qui raflent le marché. Ils sont plus sincères dans leur démarche et les mots sont étudiés, pesés, écrits pour parler au client d’abord et aux moteurs de recherche après. Du coup, ils comprennent l’investissement qui se cache derrière chaque article.

En conclusion, le domaine professionnel influence très sérieusement le choix des mots et leur interprétation. Selon l’orientation donnée à chaque texte devant plaire à Google ou au client, le résultat ne sera pas le même et les clients non plus.

Écrire un livre collaboratif avec son âme (ou participer)

Ce qui est très parlant dans la relation entre l’écriture et l’âme, c’est le rapport que l’auteur souhaite nouer avec son lecteur. N’avez-vous jamais remarqué une progression entre la première page et ce moment où le livre commence à vous passionner ? Il y a une nécessité de créer les personnages et de les placer dans leur contexte pour un roman. Dans le cas d’un essai, il est important d’amener le sujet et de cadrer la question ainsi que les notions qui vont être évoquées. Cette phase est indispensable à la compréhension de tout l’ouvrage.

Dans un livre collaboratif, l’introduction est une phase aussi essentielle. Dans mon propre projet, j’avais déjà une idée de cette place fondamentale au sein du livre. Il n’était dès lors pas question de confier ces lignes à n’importe qui ; qui plus est, extérieur au projet. Mais je reviendrai dessus dans un autre article car il s’agit d’une pratique qui me semble contribuer à la cohérence du livre collaboratif.

L’introduction est souvent rédigée en dernier ou alors en premier mais sur la base d’un brouillon à un stade déjà bien avancé. En même temps, elle est un exercice délicat car elle doit amener le lecteur vers une aventure, un concept, une tranche de vie dont il est lui-même l’auteur. C’est comme si vous connaissiez par cœur le Château de Versailles et que vous deviez maintenant le faire visiter à des touristes étrangers qui ne le connaissent que de nom et pour en avoir vu quelques clichés sur le web. Le château vous semblerait-il encore aussi magique que la première fois ?

L’introduction n’a pas ce caractère personnel lorsqu’il a une vocation informative où il s’agit de préciser le sujet. Il est beaucoup plus le reflet de la pensée de l’auteur à partir du moment où celui-ci commence à se livrer à son lecteur. C’est à ce stade que le livre devient intéressant et passionnant.

Souvent les personnes pensent qu’elles n’ont rien à raconter. C’est faux. Lorsque vous partagez une vision ou une tranche de vie, vous véhiculez un message qui sera reçu par le lecteur. Ce dernier se trouve dans un contexte dans lequel il a peut-être besoin de se rappeler que les « gentils » doivent gagner à la fin ou qu’il est possible de créer son entreprise ou encore de partir à l’étranger, etc.

Ce message explicite est loin d’être subliminal et il a une importance capitale non pas parce qu’il est intellectuel ou distrayant. Avant tout, le message est bon car il existe. Il a fallu un cerveau pour mettre en forme ce message et le délivrer au bon destinataire et au bon moment.

S’il on en revient aux fondamentaux, un texte est une succession de mots. Bien souvent, on peut en intervertir certains sans que la majorité des lecteurs ne s’en émeuvent. Cette partie du lectorat ne nous intéresse pas. Ce qui nous intéresse, ce sont les personnes (et non plus lecteurs) qui sont actives et qui reçoivent votre message ainsi que tout l’esprit de ce que vous dites. Tous les non-dits, ce qu’il y a entre les lignes et qui vont donc capter ce que vous pensez. Ceux-là uniquement seront en phase avec vous et pourront s’engager.

Un auteur honnête et sincère suscite l’engagement

Préférez-vous recevoir le prix Pulitzer ou être sur la même longueur d’onde que d’autres personnes qui partagent votre idéal, votre vision, vos valeurs ? Vous seriez surpris du nombre d’artistes qui font salles closes et qui vendent énormément de CD et produits dérivés alors que l’on n’en parle pas du tout dans les médias. Il en est de même pour les maçons dont on se partage les coordonnées car ils sont bien et, finalement avant toute qualité, car il a des valeurs. Et ils en sont récompensés « sonnant et trébuchant ».

Pour répondre à la question initiale « Peut-on écrire avec son âme un livre collaboratif ? », la réponse parait peut-être plus claire maintenant. Il ne s’agit pas d’une possibilité mais d’une obligation. La sincérité de votre écriture permet toujours un engagement sous une forme ou sous une autre. S’il on prend en considération le web, votre site honnête sera bien plus référencé par un cercle d’amis ou familial dans Facebook qu’un site truffé de mots-clés qui ne vous parlent pas mais que Google priorise dans les premiers résultats. Heureusement, il fait émerger des pépites mais c’est une chance quand on la découvre au bon moment. En réalité, ce principe est techniquement explicable. Mais, misez les personnes qui partagent vos valeurs car ce sont elles qui s’engageront et parleront de vous. Pas les autres !

En conclusion, écrivez avec votre âme car ce que vous avez à dire existe déjà dans votre tête. Il ne reste plus qu’à le coucher sur le papier ou dans un livre collaboratif avec d’autres auteurs ayant les mêmes valeurs. C’est seulement une fois concrète que votre idée pourra voyager jusqu’à l’intellect ou le cœur des personnes qui recherchent quelqu’un comme vous qui, encore une fois, a les mêmes valeurs.

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